Les yeux au ciel

Loin sont les vagues
Perdue est la brume de la mer
Dans de nombreux regards attendris, je vois cette compassion qui doit me réconforter.
Plus tard, je dirai je suis passée à autre chose.
Mais je vole et les survolent.
Dans mes souvenirs, je revois son sourire et ses soucis.
J'entends ses compliments et son amour.
J'y vois même ses filles et sa soeur.

Loin sont les arbres, la terre et les longues ballades.
Perdus sont mon ennui et mes plaintes.
Dans de si nombreux miroirs, je vois mon amertume glacée qui ne se matérialise plus.
Désormais je ne pleure plus.
Mais je torture, torture ma raison.
Dans des espoirs, je crois dur comme fer.
J'entends l'eau qui clapote.
J'y vois peut être la mer.

Soyuz
Les yeux au ciel

# Posté le jeudi 07 juin 2007 16:23

Modifié le samedi 09 juin 2007 09:26

Acid Test.

Acid Test.
> une comptine sans importance. <


A mesure que je m'engouffre dans les quartiers sombres de la ville, mon humeur s'enfonce de plus en plus. Mes pas me rappellent le martèlement de mon coeur. Je m'approche sans cesse, sans pouvoir jamais y parvenir. Le gouffre est là, se rapprochant considérablement. Ce gouffre d'obscurité se rapproche, il veut m'attraper dans ses filets.

Une ombre passe, des miliers d'ombres passent. Fugitives, semblables à moi-même. Sans âme, sans but précis. Toutes regardent à terre, et évitent la présence de l'autre.

Soudain, un éclat, un scintillement, la délivrance. Je l'entends qui m'appelle

Sally take my hand, we'll travel south cross land

Je m'approche car cette ombre là emet une attirance sans précédent. Le gouffre poignant résiste, mais elle est plus forte. Elle me sauvera.
Je prend sa main

put out the fire and don't look past my shoulder

ne plus regarder vers l'arrière, se sauver, vers l'avant, regarder en face, les ombres, fades, décolorées, elles sourient, elles voient mon bonheur.

Elle me sauve de toute cette obscurité. Elle enlève mes lunettes noires et me chante une comptine.

Teenage Wasteland, it's only teenage wasteland.

Elle tapote ma guitare, elle fait crisser les cordes. Alors je m'émerveille et retrouve le sourire.

[bruised

# Posté le lundi 19 février 2007 11:21

Dig drugs

Il était là, on était là, c'était l'époque, le temps d'évacuer toutes nos frustrations.
On était tous perdus et même Sid.

D'ailleurs, je n'ai jamais vraiment su s'il s'appelait Sid ou pas. Quelle importance? Il était là, c'est tout, peu importait qu'il s'appelle Sid ou pas. Pourtant, tout le monde savait qu'en réalité, il ne s'appelait pas Sid, mais on ne s'en souciait pas.

C'était l'époque, personne ne se souciait de rien, parce qu'il fallait vivre au jour le jour.

Peu importe si l'on vous connaissiez d'avant ou pas. Vous étiez assis là, sur cette table, donc vous étiez avec nous, on était ensemble.

J'ai toujours pris sa copine pour une barge, mais après tout, tout le monde l'était. C'était l'époque où toute la jeunesse ne faisait qu'un.

Je me revois, assise sur une marche, Sid s'avançant vers moi, me demandant une clope. Il est pâle comme la mort, maigre comme un clou, il pue le crack et tremble comme un dégénéré.
C'est son destin qui s'inscrit sur son visage.
Il a le regard perdu, noir comme un corbeau, les cheveux dégoulinants de suie. Peut-être dort-il sous un pont?
Je lui file une clope généreusement. Je sais qu'il en a plus pour longtemps, lui aussi. Mais s'en soucie t'il?
C'était l'époque, on vivait, on mourrait, et on trouvait ça normal.

[bruised]

# Posté le dimanche 26 novembre 2006 09:28

La mer.

La mer.
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C'était les vacances. L'air était doux mais frais, le soleil réchauffait les visages. Claire avait décidé de se baigner. La mer était un peu froide mais ça ne lui faisait pas peur. Evidemment il n'y avait personne sur la plage. C'est aussi pour ça qu'elle voulait nager aujourd'hui. Dans son adolescence, on l'avait obligé à aller à la plage. Elle devait se déshabiller, se mettre à nu pendant que des inconnus étudiaient son corps en la jugeant. Dans ses instants là elle se dirigeait droit vers la mer en essayant de faire abstraction du reste, mais ça n'avait jamais marché.
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Ainsi elle s'est dirigée vers une cabine pour se changer. En sortant elle remarqua une femme près d'elle. Elles se sourirent.
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C'était peut être le doux vent d'été, le soleil éclatant, la mer paisible ou ce beau ciel bleu... mais Claire sourit de plus belle, elle se redressa pour marcher gracieusement jusqu'à l'eau qui l'attendait. Il y avait des gens sur la plage, et certains la regardaient. Ils regardent toujours. Mais à vingt-quatre ans, elle venait d'extérioriser quelques vieux démons. Et Claire s'en fichait, nageant dans l'eau frêle.

Par SOYUZ

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# Posté le lundi 04 septembre 2006 18:35

Modifié le lundi 04 septembre 2006 19:07

.Lead me to your door.

.Lead me to your door.
Je suis à côté de toi, sur le siège du passager avant. Je regarde mon reflet sur la portière rouge. J'ai les joues déformées par la carosserie. Tu as passé un bras par la fenetre. Il fait chaud, je peux sentir le soleil sur ma peau comme une brulure. Le vent soulève légèrement mes cheveux à chaque fois que tu dépasses une voiture. John & Paul chantent à tue-tête dans le poste radio. Tu tapotes le volant des doigts.

( The long and winding road that leads to your door,
Will never disappear, I've seen that road before )


Tu me regardes en sifflotant et ton rire cristallin transperce l'immensité qui nous entoure. Des étendues de vide, tout autour de nous -le désert-.
Ton bras rassurant autour de mes épaules me chatouille la peau.

( It always leads me here, leads me to your door.
The wild and windy night that the rain washed away,
Has left a pool of tears crying for the day.
Why leave me standing here, let me know the way. )


Je suis extrement relaxée, là, à t'observer conduire. La vitesse est grisante. Le vent aussi. Les couleurs chatoyantes de la fin de l'été aussi. Les feuilles se dispersent, peu à peu. Et toi, au milieu de tout ça, tu en es toujours à essayer de transgresser la règle. Cette règle qui fait que toute chose a un but précis qui ne peux être altéré. Tu raisonnes sans logique parce que tu aurais voulu appartenir à la nature. Tu n'as pas de logique, pour nous autres, occidentaux névrosés.

( Many times I've been alone and many times I've cried,
Anyway you'll never know the many ways I've tried, but
Still they lead me back to the long and winding road, )


Mais, je suis là, toujours, à te regarder infiniment, parce que l'infini est l'absolu est qu'après tout, tu es tout ce qu'il y a dans ma vie.

( You left me standing here a long, long time ago. )

Et puis soudain, tout s'efface, et je vois noir. Je nous vois, nous deux, flottant au dessus des toits, au dessus de la circulation. Puis bientôt, ateignant les cimes des arbres immenses pour rejoindre les rayons du soleil.
Je vois nos corps inertes, en bas. Tu m'as trop regardé...

Nous, toi + moi, jusqu'à la mort.

( Don't leave me waiting here, lead me to your door. )

Et un jour, John n'a plus chanté.

# Posté le vendredi 21 avril 2006 11:37